La nouvelle saison de Challenger League commence tout juste et avec elle s'ajoutent de nouveaux joueurs. Ceux-ci ne sont pas inconnus au bataillon, puisqu'ils se nomment respectivement Sparxo et Panix. Ils intègrent donc EnD Gaming, une structure italienne.

EnD Gaming, c'est une équipe qui, auparavant s'est illustrée en haut du classement national. Mais, elle n'a pas su faire de même au niveau européen. Les ajouts de Panix et de Sparxo vont permettre sans doute de dynamiser cette jeune équipe. D'un côté, un joueur expérimenté de Pro League. De l'autre, un joueur qui a eu une expérience d'analyste. Ils ne peuvent, a priori, qu'apporter de bonnes choses pour EnD Gaming.

Une chose est à noter cependant, Panix est prêté par Penta. En effet, il est toujours sous contrat avec la structure allemande. Il est considéré comme "bench". Mais il participera bien à la Challenger League aux côtés de EnD Gaming (les actuels Penta évoluant en Pro League).

 

 

Mais EnD Gaming s'est pourvu d'un autre élément de choix, à savoir Jahk. Jahk est un joueur également expérimenté de la scène française. Il a joué dans plusieurs équipes, comme Deathrow par exemple. Il n'a arrêté de jouer que très récemment, puisqu'il avait participé aux qualifiers du Six Invitational avec un mix de joueurs. Cela fait maintenant depuis le 8 mars, que Jahk a rejoint EnD Gaming.

 

Afin d'en savoir plus sur cette nouvelle équipe, nous avons pu poser des questions à Panix et Jahk.

 

Le joueur

ESIX : Retrouver une équipe après avoir joué avec les mêmes joueurs pendant des années, est-ce que ça relève du parcours du combattant ?

Panix : C'est plus une grosse pression. J'ai eu beaucoup d'opportunités ou de choix ou de portes qui se sont fermées à cause de règles ESL. Il faut être prêt à tout moment. Mais, moi, c'est vraiment les choix qui me posent soucis. J'ai trop de mal à me décider. Par contre, ces 3 mois off ont sûrement été ceux dans lequel et j'ai le plus appris et progresser individuellement. Par le fait de jouer différents rôles et dans des styles de jeux différents et aussi en me concentrant simplement sur moi, m'analyser et faire les bonnes choses pour m'améliorer.

ESIX : Tu n'as pas joué au sein d'une équipe 100% française depuis ta période chez Vitality. Est-ce que tu performes mieux dans une équipe européenne ?

Panix : Non, je ne pense pas. J'avais envie de rejouer en français, car il reste plus facile d'activer des micro actions de teamplay rapidement. Aussi, c'est plus difficile de nous sortir de notre "zone" avec des calls ou demande en anglais. Je pense que je pourrais exprimer mieux toutes mes capacités de coéquipiers en anglais.

ESIX : Rejoindre EnD Gaming te permet d'accéder à la CL. Cette saison 9 est riche en promesse, de par le niveau des joueurs notamment, dont beaucoup viennent de PL. Comment est-ce que tu te sens à l'approche de la compétition ?

Panix : C'est une saison très relevée de par son niveau et l'expérience qui y est présente. Je me sens bien car je suis avec des gens qui ont soif d'apprendre et qui se mettent vraiment au travail. Il faut revoir les basiques et structurer l'équipe. Ça sera une course contre la montre, mais c'est un challenge super intéressant à relever.

ESIX : Quels sont vos prochains objectifs avec l'équipe ?

Panix : J'aimerais vraiment arriver à décrocher les playoff avec l'équipe, au mieux battre une équipe de niveau PL dans ces phases. Et être champions d'Italie, pour étendre mon CV national.

 

 

L'analyste

ESIX : Tu as récemment effectué un virage de joueur vers le poste d'analyste. Comment est-ce que tu expliques cette décision ?

Jahk : Comme je l’avais expliqué dans mon tweetlonger à l’époque (http://www.twitlonger.com/show/n_1sqmrd4), j’ai joué pendant 3 ans au jeu en caressant l’espoir de pouvoir en vivre en tant que professionnel. Durant ce temps, j’ai conjugué esport, vie familiale et un job à plein temps. En essayant de jongler tant bien que mal pour obtenir une routine convenable, je suis arrivé au point de rupture où le jeu demandait plus pour devenir professionnel, là où mes responsabilités professionnelles et familiales auraient eu du mal à s’amoindrir. Et c’est à ce moment-là que j’ai dû faire un choix.

    Nous venions de finir la saison de Challenger avec Deathrow en étant éliminés. Je n’étais pas content de mon niveau de jeu et je savais que je n’avais pas l’espace nécessaire pour m’améliorer. Mon temps libre étant réduit entre le choix de mon entraînement personnel ou le travail en équipe. Partir du top 5/6 européen de Pro League avec unKnights jusqu’à l’élimination en Challenger avec Deathrow, ma motivation à jouer avait été ébranlée et je sentais que mon incapacité à pouvoir donner plus au jeu était un frein pour moi et surtout pour mes coéquipiers.

   J’ai hésité à tout arrêter et devenir simple spectateur de cette scène. Mais même si pour moi l’idée d’être compétitif en tant que joueur était arrivée à son terme, j’avais du mal à m’imaginer couper les ponts du jour au lendemain, ne plus faire parti de la scène Rainbow Six et surtout ne plus côtoyer au quotidien des personnes qui, parties du statut d’adversaires ou de coéquipiers, sont aujourd’hui devenus des amis.

   Passer « derrière la scène » m’a paru être le bon compromis pour conserver cette présence et continuer d’exercer de manière compétitive dans le jeu. Je n’ai plus à m’inquiéter de mon niveau personnel. Être analyste me demande tout autant de temps que lorsque j’étais joueur mais je peux faire mon job de partout à des horaires qui sont beaucoup plus flexibles.

 

ESIX : C'est la première fois que tu évolues avec un mix européen. Qu'est-ce que ça peut apporter selon toi ? Comment est-ce que tu gères la communication ?

Jahk : Même si pendant mon parcours j’ai côtoyé de nombreux joueurs anglophone et notamment travaillé pendant plusieurs mois avec Sparxo (qui était à l’époque notre analyste) c’est effectivement la première fois que j’évolue avec des joueurs n’ayant pas la langue de Molière comme langue maternelle. C’est un challenge à étapes multiples. En même temps que je me prends au jeu de l’analyse et que je développe mes propres outils, j’apprends la communication dans une autre langue.

Hormis Sparxo et Bagel, l’anglais n’est pas la langue maternelle des autres membres. Heureusement tout le monde maitrise assez bien la langue pour pouvoir évoluer dans le jeu.  Même si cela peut présenter un désavantage à certains égards, le gros plus est que cela permet d’être concis et d’aller directement à l’essentiel. Lorsque vous devez réfléchir à votre phrase dans une autre langue, on évite plus facilement les conversations stériles.

 

ESIX : La saison de CL promet d'être intéressante. Quels commentaires peux-tu d'ores et déjà faire en tant qu'analyste ?

Jahk : Cette saison promet d’être des plus intéressante avec un niveau qui me semble être plus relevé que les précédentes. La plupart des équipes sont dotées de joueurs d’expériences qui ont déjà évolué au plus haut niveau sur Rainbow Six dans des compétitions internationales. Le style de jeu offert par les équipes de cette saison n’a rien à envier à celui de la Pro League, avec des équipes au jeu millimétré qui ne laisse place à l’erreur des adversaires, à des équipes au jeu plus impulsif et imprévisible ayant déjà par le passé fait chuter les plus grands.

 

ESIX : As-tu déjà quelques noms en tête, susceptibles d'atteindre le top ?

Jahk : Au vu de la qualité des équipes de cette saison, je pense que le classement sera relativement serré. Il est par conséquent difficile de favoriser une équipe plutôt qu’une autre. Certaines équipes sont attendues au top mais il n’est pas rare d’observer des surprises parmi les « underdogs » que ce soit sur R6 ou d’autres disciplines, d’autant plus que le format BO1 aller/retour donne plus de place à ce genre de spectacle. Dans tous les cas, il est sûr que c’est une saison haute en couleur qui s’annonce !

 


Merci à eux pour leurs réponses ! Et nous leur souhaitons le meilleur pour cette Challenger !