Retour en Europe, il est maitenant temps de s'intéresser aux francophones de Team Vitality. S'ils ont tenté de passer par la voie standard de qualification, les joueurs ont bénéficié de la place offerte par le vote communautaire pour se qualifier à Montréal.

Après avoir débuté en Pro League lors de la saison une, la structure à l'abeille avait vu son équipe descendre en Challenger League au terme de la deuxième saison. Ce passage à l'échellon inférieur n'aura pas duré bien longtemps puisque la formation a d'ores et déjà obtenu sa place en Pro League pour la prochaine saison qui arrivera peu après ce Six Invitational.



Formée sur les cendres de Playing Ducks, Team Vitality a pu profiter d'une invitation directe en Pro League pour la première saison du Year 2. Vous arrivez à vous maintenir en Pro League pour la deuxième saison et vous remportez la Coupe de France. La saison deux, quant à elle, ne se passe pas vraiment comme espéré et vous perdez vos deux matchs. Qu'est ce qui vous manquait et qui vous manque peut être toujours pour rivaliser avec les meilleures équipes du monde ?

Panix : Je pense que c’est un tout. On n’a pas su utiliser les bonnes personnalités aux bons endroits, l’équipe était mal comprise et la méta n’était peut-être pas en notre faveur. À part ça, nous manquions d’avis extérieur. Elem, Nmy et moi refaisions les mêmes erreurs qu’avec pducks. On manquait de discipline et de travail carré. C’était brouillon et ça nous a coûté contre des équipes underdogs. Pour résumer, on manquait de structure dans la façon de poser les strats et une façon de travailler de façon optimale.

Vous vous restructurez un peu pendant l'été, avec le départ de Elemzje, Hansen vous rejoint mais aussi Kivvi en coach et Lyloun en analyste. Comment fonctionnez-vous entre vous deux et le reste de l'équipe ?

Kivvi : Nos rôles sont bien distincts. Lyloun s’occupe de scoot nos adversaires, regarder leur VOD et nous donner un maximum d’informations. Elle nous apporte aussi les éléments intéressants qu’elle repère en regardant les différents match compétitifs. Je m’occupe de mon coté de superviser l'entraînement des joueurs, de veiller à ce que l’équipe progresse, corrige ses défauts et que la communication soit efficace. Je suis aussi en charge d’organiser, d’encadrer et de participer aux sessions de strating et de revue de VOD de matchs.

En fin d'année, vous réussissez à obtenir votre place pour la prochaine saison de Pro League et vous vous atteignez la qualification fermée du Six Invitational. Alors que vous sembliez sur la pente ascendante, vous vous faites totalement surprendre par #XBOXMasterRace dès les huitièmes de finale. Comment aviez vous abordé le match contre ces Anglais qui ont tout de même de l’expérience sur Xbox ?

Panix : On a simplement été surpris par leur style de jeu très original. On n’était pas en place pour les recevoir lors de ce match et c’était un énorme regret pour nous tous.

Quelques jours après les invitations sont annoncées et vous savez qu'il ne vous reste que le vote de la communauté pour espérer vous qualifier au Six Invitational. Quand les équipes en lice pour cette ultime place ont été révélées, est-ce que vous croyez en vos chances de la remporter ?

Kivvi : Nous savions que les chances n’étaient pas nulles, mais nous étions conscient qu’elles étaient minces. Nous nous étions déjà remis au travail pour provoquer les changements nécessaires à retrouver un niveau digne du top de la ProLeague, donc on a juste continué de travailler en attendant que le résultat du vote tombe.

S'en suit un sondage final complètement fou face au Brésil. Dans les deux camps, de nombreuses personnalités ont soutenu leurs équipes respectives jusqu'au dernier moment. Outre le fait que Ubisoft se soit offert une publicité de taille sur ce vote, n'est-ce pas un peu la solution de facilité pour promouvoir Rainbow Six au détriment de la compétitivité que devrait apporter le Six Invitational ?

Kivvi : Ce n’est pas une première de voir un vote communautaire pour une sélection à un grand tournoi e-sportif. Même si d’un point de vue compétitif, on sait que ce n’est pas forcément l’équipe qui le mérite le plus en terme de résultat qui va l’emporter, toutes les équipes présentes dans le vote restaient tout de même des équipes soit de ProLeague soient connues pour leur “niveau ProLeague”, il faut donc relativiser le manque de compétitivité. D’un point de vue marketing, il ne faut pas oublier une chose en tant que joueur ou staff e-sport : c’est la visibilité que possède un jeu qui permet à ce jeu d’être plus acheté, plus regardé, plus sponsorisé. Le coup marketing d’Ubisoft ne profite pas qu’à l’entreprise, mais à toute la scène e-sport R6 mondiale qui aura vu son jeu mis sous les spotlights tout un Week-end

Pour débuter cet événement, vous allez commencer par PENTA Sports, un des grands favoris de la compétition. Comment comptez-vous aborder ce match ?

Panix : Comme des underdogs. Pas de pression à avoir, on sait qui on joue et on sait comment on doit jouer. On sait ce qu’on vaut et qu’on est capable de les battre. En plus, on a plus de facilités contre les grands noms. On va tout donner.

Votre “groupe de la mort” est aussi composé de Evil Geniuses et de 1UPeSport. Quels sont vos avis sur ces deux équipes qui devraient, elles aussi, vous donner du fil à retordre ?

Panix : EG est une équipe contre qui j’ai une revanche à prendre. Très bosseurs, avec de bonnes individualités, ils peuvent donner du fil à retordre. C’est une des seules équipes NA que je respecte. Pas de raisons d’avoir peur par contre.

1UP est une équipe récente allemande contre qui on a aussi une revanche à prendre, même si la Line Up a beaucoup changé depuis. Ils ont montré de belles choses aux qualifiers, mais ils se reposent un peu trop sur des Opérateurs. S’il faut les jouer, on mettra bien les analyses de Lyloun à profit.

Au vu de votre poule, quel objectif avez-vous en ligne de mire pour ce Six Invitational ?

Kivvi : Évidemment sortir de cette poule “de la mort” ne sera pas facile, mais on ne devient pas champion du monde en réalisant des tâches “faciles”. Nous avons l’intention de prendre les choses une par une, d’abord sortir des poules, puis aller chercher les victoires matchs après matchs.

Enfin, à votre avis, y a-t-il une équipe qui va se faire remarquer en sortant des performances inattendues ?

Kivvi : La surprise pourrait venir de Room Factory qui, dans un groupe qui semble moins relevé qu’un groupe A ou C, pourrait battre Mindfreak et donner du fil à retordre à une équipe Rogue qui n’a pas montré son meilleur visage ces derniers temps.


Pour rappel, Team Vitality est composé de :


Dimitri "Panix" De Longeaux 
Julian "Enemy" Blin 
Jean "RevaN" Prudenti 
Valentin "risze" Liradelfo 
Jean-Baptiste "Hansen" Mace 
Julien "Kivvi" Serrier  (Coach)
Laurie "Lyloun" Lagier  (Analyste)

Retrouvez nos précédentes interviews :

Black Dragons : "C'est l'un des groupes les plus difficiles"
 Team Liquid : "Nous ne pouvons sous-estimer personne"
 1UPeSport : "Notre objectif principal est de sortir des poules" 
 Evil Geniuses : "Nous pouvons battre n'importe qui"